Posté le 4 mars 2026
SEFAR Fyltis : à Douvrin, la filtration industrielle mise sur l’investissement, la sécurité et le “savoir-faire main”
Entreprise

Implantée depuis vingt ans sur le Parc des Industries Artois-Flandres, SEFAR Fyltis occupe une place discrète mais stratégique dans l’écosystème industriel local : l’entreprise fabrique, assemble et expédie des solutions textiles de filtration utilisées dans des secteurs où la qualité ne se discute pas — de la chimie au médical, en passant par l’environnement, l’agroalimentaire ou l’automobile. Filiale française du groupe suisse SEFAR, leader de la filtration industrielle, le site de Billy-Berclau combine ainsi exigence industrielle, forte intensité logistique et métiers de précision encore très manuels.

Une industrie “invisible” mais omniprésente dans les chaînes de production

Le cœur du modèle repose sur une promesse rare sur le marché : la maîtrise de la chaîne de valeur, depuis la matière première (granulés de polymère) jusqu’au produit fini. Dans des domaines fortement réglementés — notamment le médical, où certains filtres interviennent dans la filtration du principe actif des médicaments — cette traçabilité et cette qualité industrielle constituent un argument décisif.

Concrètement, le groupe produit ses textiles (principalement en Suisse, et aussi en Roumanie), puis SEFAR Fyltis les réceptionne à Billy-Berclau pour les découper, assembler et redistribuer vers des clients aux besoins variés : chimie, stations d’épuration, filtration du sucre et de la bière, équipements médicaux, automobile, électroménager… L’entreprise travaille également à l’export, y compris vers des activités de mines et de raffineries, avec une clientèle répartie à parts égales entre la France et l’international.

Un marché stable… et une concurrence resserrée

Avec 24 M€ de chiffre d’affaires en 2025, SEFAR Fyltis évolue sur un marché jugé relativement stable, mais particulièrement exigeant. Le nombre d’acteurs reste limité — une dizaine environ sur le marché français — ce qui rend la concurrence d’autant plus rude : les donneurs d’ordre arbitrent sur la qualité, les délais, la conformité et la capacité à répondre à des cahiers des charges très spécifiques.

Dans ce contexte, la performance ne se joue pas uniquement sur la machine : elle se joue aussi sur l’organisation, l’ergonomie des postes, la qualité de la production… et la capacité à fidéliser des compétences rares.

Des métiers encore manuels : “le doigté” comme avantage compétitif

Si l’atelier s’est largement automatisé au cours des vingt dernières années, le site conserve un ADN artisanal au sens noble du terme. Le travail de couture et d’assemblage textile exige encore un doigté que les machines ne savent pas reproduire totalement. À Billy-Berclau, l’entreprise emploie 113 salariés, dont 60 en atelier (environ 40 couturières et 20 opérateurs sur machines automatisées). Le reste des équipes couvre les fonctions commerce, qualité, planning, logistique, RH, finance, ainsi qu’un bureau d’études et méthodes.

Cette réalité explique aussi certaines spécificités de l’organisation : les postes de machines à coudre sont occupés exclusivement par des femmes, tandis que les machines automatisées sont “plutôt masculines”, avec, dans les bureaux, une équité revendiquée.

500 000 € pour un convoyeur aérien : productivité et prévention des TMS

Dernier exemple en date de cette recherche d’efficacité “par le travail bien fait” : l’installation récente d’un convoyeur aérien, un investissement d’environ 500 000 €. L’objectif est double : augmenter la productivité et réduire les troubles musculo-squelettiques (TMS) en adaptant mieux la manutention et l’ergonomie aux contraintes de production. Autrement dit, l’outil industriel évolue, mais il le fait avec une logique très concrète : produire plus, tout en faisant travailler mieux.

Certification MASE : formaliser une culture sécurité déjà bien ancrée

Autre signal fort : la certification MASE obtenue en octobre 2025, avec un fait notable — elle a été décernée pour trois ans (contre un an “habituellement” dans les cas où la démarche est plus récente). Pour l’entreprise, c’est à la fois une reconnaissance et un aboutissement : de nombreuses actions existaient déjà, mais n’étaient pas suffisamment formalisées. L’obtention du MASE a demandé un investissement important en temps, mais elle permet aujourd’hui d’asseoir une culture santé-sécurité lisible et structurée.

Recruter dans un métier “peu attractif” : la réponse par la QVT et le collectif

Comme beaucoup d’industries de savoir-faire, SEFAR Fyltis fait face à un défi de fond : le recrutement. Les métiers de la couture industrielle attirent moins, les formations type CAP couture se raréfient, et les aspirations des élèves se tournent davantage vers le textile “créatif” (mode, robes, créations) que vers la filtration industrielle.

Pour tenir dans la durée, l’entreprise mise donc sur un levier souvent décisif en zone d’emploi : la qualité de vie et les conditions de travail. Management participatif, salariés associés aux décisions, “causeries” dédiées à l’amélioration des process, événements fédérateurs réguliers, jeux concours, soutien concret aux salariés dans certaines démarches administratives… La logique est claire : rendre l’entreprise attractive par l’expérience quotidienne, pas seulement par le poste.

Une direction “maison” et une culture de confiance

Cette approche est incarnée par la trajectoire de Marie-Louise Proy, directrice générale depuis le 1er janvier 2022. Issue d’une école d’ingénieure textile, elle a démarré sur le site en 2007 par l’apprentissage en production, avant d’évoluer vers la responsabilité de production puis la direction. Une progression interne qui, au-delà du symbole, explique un climat social souvent cité : connaissance fine du terrain, liens directs avec les équipes, culture “familiale”, faible turn-over et une moyenne d’âge autour de 45 ans.

Pour le Parc des Industries Artois-Flandres, l’exemple SEFAR Fyltis est parlant : dans une industrie où la concurrence est vive, la performance passe par des investissements ciblés, une politique sécurité structurée et une attention soutenue à la fidélisation des compétences. Autant de marqueurs qui renforcent la continuité des activités, la solidité des sites… et, in fine, l’attractivité d’un Parc qui se construit aussi sur la qualité de ses entreprises et la pérennité de leurs emplois.

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