L’arrivée d’ACC et la congestion des principaux axes routiers amène le SIZIAF à s’interroger sur les opportunités fluviales et ferroviaires que pourrait saisir le Parc. Dans ce contexte, l’agence d’urbanisme de l’Artois (AULA) a animé un séminaire sur la thématique de la logistique verte au siège du SIZIAF le 29 septembre dernier.
Aujourd’hui, le Parc des industries Artois Flandres ne dispose pas de site de transbordement actif vers la voie d’eau ou le fer. Pourtant, à l’origine, c’était le cas. En effet, la voie fluviale a été utilisée lors de la construction du site de Française de Mécanique au début des années 1970 et la voie ferrée pour sa fonderie de 1970 à 2000. Peu à peu, ces voies ont été abandonnées pour la route plus souple ou plus rapide même si une péniche permet de transporter les marchandises de 120 poids lourds !
Anticipant la congestion des axes routiers, une étude sur les possibilités de transfert du trafic routier vers le fluvial avec la création d’un quai sur le Parc a été réalisée en 2011. A l’époque, les résultats ne furent pas concluants. Les besoins des entreprises ne pouvaient pas être suffisamment massifiés et PSA ne pouvait pas livrer ses moteurs à Sochaux dans un délai compatible à celui proposé par la voie d’eau.
L’urgence climatique, le développement des entreprises logistiques et l’implantation prochaine de l’entreprise ACC amène le SIZIAF à re-questionner la tri-modalité. En effet, la saturation progressive du réseau routier dans les Hauts-de-France mais aussi la nécessité de calculer le bilan carbone du produit fini amènent à penser qu’une logistique verte permettra aux entreprises d’être plus compétitives (à titre d’exemple : le bilan carbone d’une batterie ACC devra prendre en compte l’ensemble de la chaine de production y compris les transports afférents).
Le Parc jouit d’une voie ferrée désaffectée et d’un canal. Dans le cadre d’ACC, la voie ferrée permettrait de rejoindre les sites d’assemblage des constructeurs automobiles ; le Canal, de faire venir les matières premières des batteries de Dunkerque ou d’Anvers.
Mais, de nombreuses questions se posent : les coûts (qui pour les supporter ?), les délais (ACC sera en production dès 2024 !), la sécurité (3,5 km de voie ferrée à rénover avec de nombreux passages à niveaux problématiques)…
Le séminaire AULA n’aura certes pas pu répondu à ces questions pratiques mais aura mis en évidence qu’en se projetant à 10 ans, la logistique verte est une voie d’avenir et qu’il nécessaire de préserver sur la Parc la parcelle de 30 ha qui pourrait être embranchée fer et dotée d’un quai donnant accès au canal. Une richesse à 10 km de Lens et à 25 km de Lille !