Une industrie “invisible” mais omniprésente dans les chaînes de production
Le cœur du modèle repose sur une promesse rare sur le marché : la maîtrise de la chaîne de valeur, depuis la matière première (granulés de polymère) jusqu’au produit fini. Dans des domaines fortement réglementés — notamment le médical, où certains filtres interviennent dans la filtration du principe actif des médicaments — cette traçabilité et cette qualité industrielle constituent un argument décisif.
Concrètement, le groupe produit ses textiles (principalement en Suisse, et aussi en Roumanie), puis SEFAR Fyltis les réceptionne à Billy-Berclau pour les découper, assembler et redistribuer vers des clients aux besoins variés : chimie, stations d’épuration, filtration du sucre et de la bière, équipements médicaux, automobile, électroménager… L’entreprise travaille également à l’export, y compris vers des activités de mines et de raffineries, avec une clientèle répartie à parts égales entre la France et l’international.
Un marché stable… et une concurrence resserrée
Avec 24 M€ de chiffre d’affaires en 2025, SEFAR Fyltis évolue sur un marché jugé relativement stable, mais particulièrement exigeant. Le nombre d’acteurs reste limité — une dizaine environ sur le marché français — ce qui rend la concurrence d’autant plus rude : les donneurs d’ordre arbitrent sur la qualité, les délais, la conformité et la capacité à répondre à des cahiers des charges très spécifiques.
Dans ce contexte, la performance ne se joue pas uniquement sur la machine : elle se joue aussi sur l’organisation, l’ergonomie des postes, la qualité de la production… et la capacité à fidéliser des compétences rares.
Des métiers encore manuels : “le doigté” comme avantage compétitif
Si l’atelier s’est largement automatisé au cours des vingt dernières années, le site conserve un ADN artisanal au sens noble du terme. Le travail de couture et d’assemblage textile exige encore un doigté que les machines ne savent pas reproduire totalement. À Billy-Berclau, l’entreprise emploie 113 salariés, dont 60 en atelier (environ 40 couturières et 20 opérateurs sur machines automatisées). Le reste des équipes couvre les fonctions commerce, qualité, planning, logistique, RH, finance, ainsi qu’un bureau d’études et méthodes.
Cette réalité explique aussi certaines spécificités de l’organisation : les postes de machines à coudre sont occupés exclusivement par des femmes, tandis que les machines automatisées sont “plutôt masculines”, avec, dans les bureaux, une équité revendiquée.
500 000 € pour un convoyeur aérien : productivité et prévention des TMS
Dernier exemple en date de cette recherche d’efficacité “par le travail bien fait” : l’installation récente d’un convoyeur aérien, un investissement d’environ 500 000 €. L’objectif est double : augmenter la productivité et réduire les troubles musculo-squelettiques (TMS) en adaptant mieux la manutention et l’ergonomie aux contraintes de production. Autrement dit, l’outil industriel évolue, mais il le fait avec une logique très concrète : produire plus, tout en faisant travailler mieux.